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Les Noces d’Art - 50 ans de vie artistique


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LIEUX  

LIEUX

Diffusion culturelle de Lévis (DCL) utilise différents lieux pour la diffusion de ses activités en arts de la scène et en arts visuels.

Centre d'art de Lévis

Le Centre d'art de Lévis, lieu qui a inspiré la naissance et l'essence de la mission culturelle de notre corporation, regroupe sur un même site la salle de spectacle L'Anglicane, la Galerie Louise-Carrier et un parc magnifique.  Ce site exceptionnel représente un précieux legs de la communauté anglaise qui fut autrefois importante dans le développement de notre identitié collective.

Quelques repères historiques

Il faut remonter au XVIIIe siècle pour retrouver les premiers établissements des colons sur ce qui s’appelait alors « Pointe Lévy ». En 1774, Henry Caldwell loue la vaste seigneurie de Lauzon. Il conçoit le projet en 1817, de la ville d’Aubigny. Lorsque Caldwell éprouve des difficultés financières, il abandonne ses vues. Il faudra attendre jusqu’en 1861 pour que la Ville de Lévis devienne une entité juridique.

Pendant la première moitié du XIXe siècle, l’activité économique se développe rapidement en bordure du fleuve. Moulins, scieries et chantiers navals font partie du paysage littoral. L’étroitesse de la bande de terre longeant le fleuve amène rapidement la formation d’un petit noyau d’habitation au haut de la falaise. Un bon nombre d’anglicans vinrent s’y établir et c’est pour eux que Caldwell éleva en 1820 une première église. Construite en bois, à l’angle des rues Wolfe et Guénette, elle fut utilisée jusqu’en 1848. On fit construire en 1848-50, une toute nouvelle église sur le site actuel de la rue Wolfe. Sa conception fut confiée au célèbre architecte d’origine anglaise Edward Stavely. En ce qui a trait à la maison, qui autrefois faisait office de presbytère, elle aurait été érigée en 1855‑56 par Louis Amyot.

L’église « Holy Trinity »
(Aujourd’hui L’Anglicane)

Les lieux de culte anglican diffèrent peu des églises catholiques. Ils sont généralement plus sobres tant au niveau de l’architecture que de la décoration intérieure.

L’église de Lévis de style néo-gothique s’inscrit dans la tradition des églises médiévales de la campagne anglaise. Les murs de pierre, les contreforts (ici éléments purement décoratifs), la présence de fenêtres à arcs brisés et de fenêtres à quatre lobes aux extrémités des murs pignons, sont autant d’éléments qui réfèrent au vocabulaire gothique. La présence de cordons de pierre parcourant le bâtiment au niveau de l’extrémité des fenêtres et du solage est unique dans les églises anglicanes de l’époque. La symétrie présente dans l’emplacement des ouvertures et des éléments décoratifs ordonne l’ensemble de l’édifice. Du côté gauche, un portique latéral vient briser cette règle. Le premier clocher, situé dans le prolongement du mur pignon en façade, fut détruit par la foudre en 1935. Construit en pierre, il épousait la forme des arcs brisés des fenêtres et de la porte centrale. Il était surmonté d’une croix.

À l’intérieur, de nombreux motifs d’inspiration gothique embellissent l’ensemble. Toutefois, l’église a perdu plusieurs de ses éléments décoratifs d’origine (murs crépis blancs, inscriptions murales, autel, fonts baptismaux, orgue, bancs) afin de répondre à ses nouvelles fonctions. Des éléments fort importants demeurent comme le plafond de bois étendu en sections de quatre pieds. Les joints sont cachés grâce à l’ajout de pannes rejoignant les chevrons. L’alternance des chevrons qui épousent à demi la forme de quatre lobes et de ceux en forme de X sont également uniques dans l’architecture québécoise de cette période. À leur base, les chevrons reposent sur de petites consoles. Au bout de celles-ci, en forme d’armoiries, se trouve le monogramme du Christ figuré par les formes « X » et « P ».

Le presbytère
(Aujourd’hui la Maison Louise-Carrier)

Situé à l’arrière de l’église en bordure des limites du terrain, le presbytère est localisé à l’endroit où la dénivellation du sol est la plus accentuée. Ce positionnement permet de surélever l’édifice et ainsi lui conférer une certaine monumentalité. La construction possède plusieurs caractéristiques de la maison québécoise, une architecture adaptée à notre climat.

La maison repose directement sur le roc, lequel se trouve à fleur de terre. Le solage aux trois quart sorti du sol permet la création d’un vide servant d’isolant au plancher de l’étage principal. Ce débordement du solage amène la présence d’une galerie et d’un imposant escalier. L’extérieur présente un parement de brique, sauf pour le prolongement du carré où se trouvait autrefois la cuisine d’été. Cette partie érigée en bois semble ultérieure à la construction initiale. Le XIXe siècle amène l’apparition de la cuisine d’été qu’on habite durant les jours chauds. En hiver, elle est utilisée pour la conservation des aliments.

Le presbytère est coiffé d’un toit à deux versants percé de trois lucarnes à croupe de chaque côté. L’avant-toit se prolonge pour protéger le mur et la galerie. Par souci d’esthétisme et par recherche de pittoresque, les colonnes supportant le toit de la galerie se dédoublent et s’ornent de treillis. La galerie treillagée supportant des plantes grimpantes se retrouve fréquemment dans ce type de résidence ayant comme souci de s’intégrer dans leur environnement naturel.

Le bâtiment révèle une influence de l’architecture néo-classique, notamment par la symétrie visible au niveau des ouvertures et des cheminées. Les éléments du décor, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, respectent les règles de la sobriété. Le plan intérieur, où les pièces s’organisent autour d’un hall central, le large escalier, l’importance accordée à la porte principale encadrée de fenêtres latérales et surmontée d’une imposte sont autant d’éléments puisés dans le vocabulaire classique.

La rénovation de l’édifice entreprise en 1979 n’apporta que quelques modifications, la plus importante étant la suppression du portique protégeant la porte d’entrée principale.

Le cimetière
(Aujourd’hui le Parc du Centre d’art de Lévis)

Le site comprenait également un cimetière utilisé par les communautés anglophones des religions anglicane et presbytérienne. Le cimetière fut déclaré complet en 1904.  Lors de la vente du site à la Ville de Lévis, les corps et les monuments funéraires ont été transférés au cimetière Mount Hermon de Sillery. L’espace est aujourd’hui un parc public offrant de magnifiques percées visuelles sur le fleuve Saint-Laurent et la ville de Québec.

La conversion du site

La faible présence des anglophones à Lévis amène en 1963 la mise en location du presbytère. Cependant, l’église demeure en fonction. Le révérend se déplaçait de Québec pour célébrer les offices religieux.

C’est le couple Louise Carrier et André Garant, artistes bien connus dans la région, qui emménage jusqu’au départ définitif des anglicans. En 1973, la Ville de Lévis achète l’ensemble du site et entreprend de le recycler à des fins culturelles. Le presbytère est aujourd’hui connu sous le nom de Maison Louise‑Carrier en souvenir de cette artiste lévisienne née en 1925 et décédée en 1976. Diplômée de l’École des beaux-arts de Québec, la réputation de la portraitiste dépasse les frontières du Québec. Le Musée National des beaux-arts du Québec lui a consacré une importante exposition individuelle en 1967. Elle nous a légué une production remarquable empreinte d’une grande sensibilité.

Résumé tiré de :

Étude sur l’histoire et l’architecture
de l’église anglicane de Lévis 
:
Un bijou de la Rive-Sud à découvrir 
réalisé par Marc Carette, mars 1991